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Le Long Mensonge

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  Exils # 186 (02/04/2026) Dans sa filmographie autocommentée (Wolski, 2016), le cinéaste souligne la dimension autobiographique de Katyń (2007), absence du père, attente de la mère, liquidation de l’« intelligentsia », silence assourdissant, durant « quarante-quatre ans », des complices communistes, des alliés étrangers. Ce mensonge de la honte, collectif et (journal) intime, public et privé, le film ultime aux allures de réquisitoire et de requiem le (re)met en scène, en démontre le cynisme réversible, la manipulation à l’unisson. Des archives livides se voient ainsi assorties d’une voix off rejetant la faute sur l’ennemi du moment, armée rouge sang ou « gestapistes » allemands. Une balle dans le crâne, en rime à la Shoah homonyme, représente la caractéristique de chaque camp, parmi la forêt maculée qui effraie. L’exercice de didactisme historique et réflexif demeure valide aujourd’hui, le numérique et l’IA invitent à ce révisionnisme-là. Wajda ...

Chut chère Charlotte

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  Exils # 184 (31/03/2026)   Adorno déclarait la poésie impossible à la suite d’Auschwitz : le recueil de Delbo le contredit, démontre en douceur oppressant le cœur que l’on peut (d)écrire l’« indicible », formuler l’« in-nommé », ramener des images du voyage vers l’inimaginable. Dépecée jusqu’à l’os, délestée de pathos, sa mise en mots lyrique de la « plus grande tragédie » séduit par ce qu’elle (re)dit, par ce qu’elle tait, ce que la rescapée seule connaît, connaissance d’exil, à rendre « inutile » celle du monde au-delà du camp, aux curieux « méticuleux » ou amoureux à peine vivants, incapables de comprendre, d’écouter vraiment, donc questionnant. Si la survivante de Ravensbrück mis vingt ans à publier le récit de sa déportation, au titre explicite, Aucun de nous ne reviendra , nul étonnement, uniquement la « détermination » de l’« exigence », de l’inactualité, du livre rédigé pour durer, à l’opposé de l’amnésie du journalisme....