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C’était ça ou mourir de rire

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  Exils # 240 (12/10/2026) Dans sa biographie aussi épaisse qu’un sandwich SNCF, Emily Herbert consacre quelques lignes à Docteur Patch (Shadyac, 1998), que certains considèrent comme le pire de sa carrière, dit-elle innocente et sournoise, toutefois succès financier, à disons 200 millions de dollars estimé. Le modèle de la vie réelle vomit le film, n’en tira pas profit, tacla l’acteur, avoua sa valeur. Sorti aux États-Unis un 25 décembre, admirez le timing , tout cela courrouça la critique locale, Roger Ebert jugeant « impudique » ce cadeau d’hosto. Certes on concède que le transparent cinéaste tend le bâton (ou la perfusion) pour se faire battre, que le serviteur de Carrey ( Ace Ventura, détective chiens et chats , 1994) & Murphy ( Le Professeur foldingue , 1996) ne lésine sur le sirop musical de Shaiman, qu’en tandem avec le scénariste fidèle Oedekerk il signe un vrai-faux biopic digne d’un téléfilm d’après-midi sur M6. Comédie dramatique d’oxymoron de locution,...

Un mariage et sept enterrements

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  Exils # 239 (08/10/2026) Un doigt de Rebecca (1940) ? Un soupçon de Spellbound (1945) ? Et bien sûr un brin de La Barbe bleue  ? Sans doute et au-delà. Film mal-aimé, y compris par son couple principal, échec économique et critique, qui entraîna fissa la faillite de la Diana, compagnie de production de Bennett/Wanger/Lang, Le Secret derrière la porte (1947) s’avère pourtant l’un des meilleurs du réalisateur, mésestimé sommet de sa période américaine, au côté de Furie (1936) et des Contrebandiers de Moonfleet (1955), plongées parallèles parmi la psyché US, ses systèmes judiciaire et imaginaire. É crit par la scénariste de La Furie du désir (1952) et de   L’Ange des maudits (1952), mais aussi Madame Bezzerides, le signataire des scripts de La Maison dans l’ombre (1952) et En quatrième vitesse (1955), à partir du roman (pièce 13 au lieu de la 7) d’un spécialiste du polar, éclairé de façon hypnotique et métaphysique par Cortez, le dirlo photo de La Sp...

La Loi et le Désordre

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  Exils # 238 (07/10/2026)   Quel meilleur moment pour découvrir Law and Order (1969)… Tandis que des manifestations se déroulent en France, certains dénoncent la « répression policière », la violence juvénile, la destruction de biens publics, opposition de générations, clivage des images, on retourne en arrière, se délocalise à Kansas City, on essaie d’y voir clair, de ne pas se contenter des a priori . Chronique du quotidien de policiers casqués, lunettés, motorisés, ce documentaire destiné à la TV dite éducative de la Fondation Ford et primé d’un Emmy mérite plusieurs lignes. Ce qui surprend, en premier ? L’audace de Wiseman, toujours là au bon endroit, souvent lorsque ça ne va pas, dont la caméra à hauteur d’homme (et de femme) ne paraît déranger personne, a fortiori ceux qu’elle filme et qui devant elle s’expriment. À notre époque de « droit à l’image », de floutage et de formatage, surveillez votre langage précise d’ailleurs un supérieur, ce...

Sauvée Regina

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  Exils # 237 (06/10/2026) Neuf ans après La Mouche (1986), Goldblum subit une autre métamorphose, cette fois-ci de l’esprit. Si l’expérience de mort imminente lui permet d’apaiser un minot faisant ses dents, elle fout son foyer d’antiquaire en l’air, sa femme se désespère, sa seconde fille ne décolère. Car l’époux et papa ne revient pas seul de l’au-delà, où revoir la première en vitesse, se connecte à un beau jeune homme abject, sataniste suicidaire qui pendant le prologue sourit devant sa sœur et sa mère en prière, trépassées par ses soins. Tandis que le réanimateur ne possède certes l’humour noir et la lubricité décapitée de celui de Re-Animator (1985), dissimule un mortel et personnel secret, notre anti-héros pas si dingo comprend l’imbroglio et affronte en famille le vrai-faux alter ego . Souvenirs de l’au-delà (1995) carbure à l’accident dédoublé, à la culpabilité partagée, ravive l’hubris d’un certain Frankenstein, retravaille le biblique moralisme des crimes des père...

Chasseur noir, cœur blanc

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Exils # 236 (05/10/2026) Le Mystère de la bête humaine (1974) commence par une chasse à l’homme. Plus de jungle façon Zaroff ( The Most Dangerous Game , 1932), une forêt à la Rambo (1982), truffée de caméras et de micros. La musique du générique – paysage rural survolé en hélico illico mis KO – pourrait accompagner le filon de la blaxploitation . Voici d’ailleurs Calvin Lockhart, plus méconnu ici que Richard Roundtree ( Shaft , 1971). Au bout de sa course, à bout de souffle, la proie débouche devant une villa et une tablée pas farouche. On tire à blanc sur l’homme noir : il ne s’agissait d’une reconstitution de la traque raciste de Naissance d’une nation (Griffith, 1915), mais d’un exercice en situation. Devant un mur d’écrans à la Mabuse & Montana, le directeur du Cirque des horreurs (1960) – Diffring sous peu la première victime – supervise l’opération, assiste au débrief au côté de l’hôte ressuscité. Agatha Christie croise Loft Story, car il s’agit d’identifier le ...

Surveiller et prescrire

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  Exils # 235 (01/10/2026) Le titre rebaptisé pèche par excès : quarante minutes occupent le « Rocher », simulacre mis à sac, cependant les cent précédentes valent d’être redécouvertes. Si Les Oiseaux (Hitchcock, 1963) relève du surnaturel, décrit de manière métonymique la fin du monde humain, Le Prisonnier d’Alcatraz (Frankenheimer, 1962) chronique de manière empathique le calendrier cadenassé d’une humanité retrouvée. Cinq ans avant la solitude asiatique de Delon & Melville ( Le Samouraï , 1967), voilà déjà un canari (puis plusieurs) et un reclus, un passé disparu, un comportementalisme bienvenu. La colère de Lancaster le fait manquer d’air, casser une vitre, planter un (autre) type. Les transferts entre établissements pénitentiaires constituent les uniques ponctuations d’une arlésienne libération. Construit en boucle bouclée, en bord de quai ensoleillé, le biopic symbolique plus qu’authentique préfère la « réhabilitation » à la rédemption, la r...

Mourir d’amour

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  Exils # 234 (29/09/2026) Godard & De Palma ? Masumara. Formé en Italie, ancien assistant ou directeur de seconde équipe d’Ichikawa & Mizoguchi, salué à ses débuts sept ans avant par Ōshima, le cinéaste signe ainsi en 1964 un vingt-huitième film. À son décès prématuré en 1986, on en dénombre presque une soixantaine, répartie sur un quart de siècle. En résumé, l’intéressé ne chôme point, tourne vite, à l’économique, filme sa femme dix-neuf fois, l’actrice Ayako Wakao issue comme lui de la Daei, qui apparut chez les prédécesseurs précités, réputés, qui croisa en sus Ozu ( Herbes flottantes , 1959). La décennie des sixties leur appartient, parce qu’ils le valent bien. Ici revoici l’incontournable Tanizaki, souvent adapté dans et au-delà de son pays, car revoilà Brass ( La Chiave , 1983) & Cavani ( Berlin Affair , 1985). Ce dernier item délocalise l’intrigue, lui confère un contexte historique, emprunté à celui de Portier de nuit (1974), inclut la bien-aimée Gu...