Fear and Desire : La Ligne rouge

Suite à sa diffusion par France 3, retour sur le titre de Stanley Kubrick. Diffusé en catimini au Cinéma de minuit dimanche dernier, Fear and Desire relevait presque du mythe, tant Kubrick, qui jugeait son premier long métrage « inepte et prétentieux », s’échina sur le tard à le rendre invisible (jusqu’à vouloir détruire le négatif !) avec son proverbial perfectionnisme (sa maniaquerie, diront certains), après une désastreuse projection privée, à laquelle assista d’ailleurs James Agee, futur laudateur du titre, et où les rires des spectateurs répondirent aux larmes du réalisateur… Tout le monde ne peut certes pas débuter sa carrière par Citizen Kane , et le film accumule les erreurs (de débutant) : théâtralité verbeuse – on y parle (presque) plus en soixante-deux minutes que dans le reste de sa filmographie –, symbolisme kolossal – guerre anonyme, acteurs (dont Paul Mazursky, pas encore cinéaste) en belligérants dédoublés, radeau de déréliction empru...